La métropole du Grand Paris promeut l’achat circulaire et solidaire

Alors que la crise sanitaire a provoqué une hausse sans précédent du chômage, la métropole du Grand Paris veut impulser une commande publique plus circulaire et plus solidaire, levier pour faciliter le retour à l’emploi et préserver les ressources. Déjà à l’origine d’un guide opérationnel sur la thématique, elle lance, avec plusieurs partenaires, un 2e programme d’accompagnement des acheteurs.

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« La métropole du Grand Paris a fait de l’économie circulaire un axe majeur de son développement », a rappelé son président Patrick Ollier à l’occasion de la 4e édition du Grand Paris Circulaire qui s’est tenu le 8 octobre dernier. Consciente du potentiel d’action de la commande publique et aussi de son impact sur l’environnement, la métropole francilienne veut accompagner tous les acheteurs de son territoire à franchir un cap, aussi bien dans le domaine du circulaire que du solidaire. « La démarche peut être encore perçue comme une prise de risque », a admis Hortense Mourier, cheffe du service développement durable métropolitain.

10 étapes pour intégrer l’économie circulaire dans les achats

Lancé avec l’Institut national de l’économie circulaire (INEC), Les Canaux, association de soutien aux entreprises de l’économie sociale et solidaire (ESS) et l’Observatoire des achats responsables (Obsar), le programme action « achats circulaires et solidaires » (PACS) va se concentrer sur « l’école solidaire », en travaillant de manière holistique (construction, entretien et démolition des bâtiments, restauration, équipements…). Il fait suite à une précédente expérimentation d’un an dans le cadre duquel une trentaine de projets d’achats avait déjà été aidée (conférences thématiques avec des experts, formations, présentation de l’offre circulaire existante…). Le travail a abouti sur la rédaction d’un guide opérationnel intitulé « 10 étapes pour intégrer l’économie circulaire dans ses achats » (à télécharger en bas de page).

Une panoplie d’outils

Autre partenaire de la métropole parisienne, le GIP Maximilien, déjà chargé de l’appui du développement des clauses sociales en Ile-de-France, renforce le dispositif par un autre programme chargé de favoriser les clauses circulaires et environnementales dans 5 familles (matériel et mobilier de bureau, numérique, boucle alimentaire, bâtiments et équipements de protection). De leur côté, Les Canaux, qui souhaitent développer « un réflexe ESS » chez les acheteurs, proposent aux donneurs d’ordres l’outil « Territoire ESS », qui permet, pour un projet donné, d’établir un diagnostic, d’estimer les impacts sociaux et environnementaux, et d’évaluer le potentiel de marchés au regard des entreprises adaptées et structures d’insertion capables de réaliser la prestation.

L’exemple vient des Jeux Olympiques

Directrice générale de cette association, Elisa Yavchitz a illustré cette dynamique avec l’exemple des Jeux Olympiques de 2024, dont l’ambition est de réaliser 25 % des marchés publics par des entreprises locales ou issues de l’ESS, et 10 % en insertion. Une plateforme dédiée fonctionne depuis plus d’un mois et plus de 100 structures sociales et solidaires ont été retenues sur les 250 premiers marchés publiés. Les petits-déjeuners organisés par Paris 2024 sont ainsi réalisés par un ESAT qui a emporté une consultation face à des traiteurs conventionnels. Une ressourcerie, une menuiserie réinsérant des chômeurs de longue durée, un fabricant de mobilier à partir de plastique récupéré participeront à la construction d’un site olympique, le Centre aquatique, dont la métropole du Grand Paris est maître d’ouvrage.

Bordeaux métropole montre la voie

Paris pourra s’inspirer de l’exemple bordelais. Directeur adjoint du service des achats de Bordeaux Métropole, Mustapha Elouajidi a donné deux exemples concrets de la politique suivie. En 2013, un porteur de projet soumet à la collectivité l’idée de créer une entreprise adaptée pour valoriser les déchets papiers des bureaux destinés jusqu’ici à l’incinération, une issue coûteuse pour la personne publique puisque la tonne lui était facturée 160 euros.

La métropole aquitaine l’aide à accomplir les formalités auprès de la Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (Dirrecte) pour obtenir l’agrément, avant de lui réserver un lot. De quoi lui faciliter son envol. Sept ans plus tard, la société emploie 65 personnes, a élargi son périmètre dans la récupération des gobelets, des biodéchets, des journaux pour faire de l’isolation via la ouate de cellulose et a conquis de nombreux clients publics et privés. « Aujourd’hui, la métropole ne représente même pas 10 % de son chiffre d’affaires », a confié l’acheteur bordelais.
Une conciergerie solidaire

La même logique a prévalu avec une autre initiative, celle d’une conciergerie solidaire, avec un recours uniquement à des ESS de proximité pour assurer la gamme de services. Bordeaux Métropole lui a confié un marché d’insertion pour démarrer. Le succès a été identique. « Le concept a essaimé sur toute la France avec des contrats auprès de structures publiques et privées. » Le service des achats métropolitain a commencé à travailler sur d’autres segments comme le recyclage vêtements de travail et le mobilier, afin identifier d’autres porteurs de projets, en lien étroit avec ses collègues chargés de mission ESS, une collaboration « ingrédient de la réussite ».

Télécharger le guide 10 étapes pour intégrer l'économie circulaire dans ses achats

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