EPI : le GHT Artois mixe usage unique et lavable

Jetable ou lavable ? Même si le débat n’est pas tranché, le GHT artésien s’oriente vers une solution mixte afin de satisfaire tout à la fois les soignants, les hygiénistes, les logisticiens et les acheteurs, en fonction des activités, des capacités de stockage ou d’entretien. Le dialogue conduit depuis le printemps entre les différents services devrait permettre de concilier contraintes budgétaires, médicales et logistiques.

« Nous étudions la situation service par service en fonction des risques, déclare Maxime Meunier, responsable des approvisionnements du groupement hospitalier de territoire de l’Artois, c’est l’une des raisons pour lesquelles notre réponse sera différente selon qu’il s’agit d’intervenir en salle d’opération, en réanimation ou en médecine générale ». Les quatre établissements du GHT de l’Artois (Béthune, Hénin-Beaumont, La Bassée et Lens) comptent près de 2 200 lits et places dont un peu moins de la moitié sont déployés sur l’hôpital de Lens, un site à la structure presque centenaire dont il faut bien prendre les limites en compte, d’autant que le nouvel hôpital de Lens n’ouvrira ses portes qu’en 2025…

« Bien des paramètres sont entrés en ligne de compte pour choisir entre EPI à usage unique et équipements lavables, convient Maxime Meunier, les activités des différents services, bien sûr, mais également des considérations plus prosaïques comme le manque d’espace de stockage ou l’appel à la sous-traitance pour l’entretien des équipements de protection individuelle lavables, puisque nous ne disposons pas de blanchisserie interne… ». Des réalités avec lesquelles les différents services de l’hôpital savaient composer sans difficulté jusqu’à présent, mais qui rendent les arbitrages plus complexes aujourd’hui…

Un dialogue interservices

© GHT Artois

« Avant la crise nos approvisionnements étaient cadencés en moyenne tous les quinze jours, explique Maxime Meunier, mais aujourd’hui, avec les nouvelles contraintes, les surfaces dont nous disposons ne sont plus suffisantes et, même en répartissant les stocks sur les sites de Lens, Béthune Beuvry, Hénin-Beaumont et La Bassée, il nous a fallu trouver de nouveaux espaces notamment dédiés pour les stocks de sécurité et adapter nos flux logistiques en conséquence ».

Là-aussi, il faut jongler avec les contraintes posées aux différents services : Si les hygiénistes et les logisticiens peuvent trouver leur compte avec l’usage unique, il n’en est pas de même pour les acheteurs. « Avec l’envolée des prix des EPI à usage unique et les ruptures fournisseurs, les acheteurs passent un temps fou sur le sourcing, reconnaît Maxime Meunier, pour eux le recours aux équipements lavables serait moins chronophage, et certainement plus respectueux des clauses de développement durable intégrées aux marchés ».

© GHT Artois

Le responsable des approvisionnements en est convaincu, les prix des EPI à usage unique resteront à des niveaux élevés : « Nous savons déjà que l’impact budgétaire sur le premier trimestre 2021 sera fort, dit-il, selon les types d’EPI, les augmentations vont de 200 à 700 % ! ». Et de prendre l’exemple des pyjamas de blocs opératoire : « Quand nous les touchions à 0,70 €, on nous les propose désormais à 3,15 € pour une livraison en novembre ».

Un stock tournant d’un mois pour chaque site

Aujourd’hui, en plus du stock tampon de trois semaines pour lequel il a fallu recycler des espaces en sous-sol afin de les sécuriser, le GHT de l’Artois dispose d’un stock tournant d’environ un mois pour chacun de ses sites. Mais il a fallu pousser les murs : « Là où il nous fallait pouvoir entreposer six palettes d’EPI à usage unique pour couvrir les besoins du seul hôpital de Lens auparavant approvisionné tous les quinze jours, il nous faut mobiliser aujourd’hui une surface deux fois plus importante ».

La collaboration interservices conduite depuis le printemps aura permis au GHT de s’orienter aujourd’hui vers un mix plutôt consensuel entre jetable et lavable. Une sorte de “sur mesure” qui n’est pas sans rappeler l’exploit réalisé au printemps, au plus fort de la crise sanitaire, lorsque des agents du centre hospitalier avaient eux-mêmes créé les patrons des surblouses produites ensuite par des bénévoles sur les chaines d’une entreprise locale qui avait mis quatre de ses lignes de production à la disposition du GHT.

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