Cafétéria inclusive au CH Figeac

Depuis la fin septembre, l’hôpital de Figeac met à disposition de ses patients, visiteurs et personnels une cafétéria gérée par un ESAT local. Avec ce nouveau service qui n’a pas nécessité d’investissement, le CH fait coup double, puisqu’il améliore son attractivité et sa démarche responsable.

©CH Figeac

Avec ses 262 lits répartis sur trois sites dont deux Ehpads, quelque 15 000 passages aux urgences et 20 000 en imagerie, le centre hospitalier de Figeac faisait, jusqu’à peu, partie de ces établissements sans point-presse ni restauration, « sa modeste dimension n’offrant pas suffisamment de garanties économiques aux yeux des différents prestataires contactés », confie le directeur du site, Raphaël Lagarde…

Mais pour la structure médico-chirurgicale située au cœur d’une agglomération de 92 communes couvrant le Lot et l’Aveyron, le manque s’avérait de plus en plus criant, surtout depuis une toute récente modernisation pensée pour renforcer son attractivité face à l’offre concurrentielle fournie par les établissements publics et/ou privés des alentours (Cahors, Brive, Rodez, Aurillac, voire l’agglomération toulousaine). « Une solution s’imposait donc pour créer de toutes pièces ce service devenu indispensable », résume Raphaël Lagarde. Un établissement et service d’aide par le travail local (ESAT) va lui permettre de mettre les bouchées doubles.

Répartition des recettes d’ici trois ans

Géré par l’association de parents d’enfants et d’adultes inadaptés de Figeac, l’ESAT l’Abeille accompagne en effet une trentaine de travailleurs en situation de handicap autour de deux activités, dont une cuisine collective qui fournit déjà les repas des écoles figeacoises ainsi que ceux portés à domicile par le centre intercommunal d’action sociale.

Or, alors qu’elle doit inaugurer une toute nouvelle cuisine centrale et légumerie à Cambes, l’association cherche justement à ouvrir un second point restauration, plus central, pour doubler l’activité de celui implanté depuis quelques années déjà sur le parc d’activités économiques Quercypôle. La création d’une cafétéria ouverte à tous (patients, visiteurs, personnels et publics extérieurs) au sein de l’hôpital répondrait donc parfaitement à ses objectifs comme à sa démarche d’inclusion.

Aussitôt imaginé, aussitôt signé ! Le 6 septembre dernier est ainsi actée une convention partenariale entre les responsables de l’APEAI et l’hôpital. « Contre une occupation gratuite du domaine public, l’APEAI équipe et exploite l’espace laissé à sa disposition, toutes les recettes lui étant intégralement réservées dans un premier temps. Puis, à l’issue des trois années pour lesquelles ce premier accord a été conclu, l’hôpital deviendra propriétaire des équipements et mobiliers tandis que les recettes seront réparties entre les deux signataires dans le cadre d’une convention plus pérenne », détaille Raphaël Lagarde.

De midi à 16h30

Installée au rez-de-chaussée de la nouvelle entrée de l’hôpital, la cafétéria a ouvert ses portes le 21 septembre, proposant un coin café-presse le matin (en partenariat avec un tabac-presse situé à proximité) et une partie restauration de midi à 16h30. Sous l’enseigne Quercy’Croq, elle est tenue par un travailleur de l’ESAT, accompagné d’une aide médico-psychologue.

Et elle affiche déjà un beau succès : « Salades composées à partir de produits locaux, café issu d’un torréfacteur voisin, boissons fraîches, snacking ou petits cadeaux et magazines… L’espace ne désemplit pas, au point que nous réfléchissons déjà à élargir les horaires en semaine, voire à ouvrir également le week-end », se réjouit le directeur du centre hospitalier.

Un investissement à coût zéro

« Non seulement cette cafétéria constitue une plus-value inespérée pour l’attractivité de notre site et cela sans avoir nécessité aucun investissement de notre part, mais elle marque aussi un pas supplémentaire dans notre démarche en faveur d’une alimentation équilibrée ; le fait de pouvoir en plus réussir ce double pari sous le signe de l’inclusion est particulièrement satisfaisant pour un établissement sanitaire tel que le nôtre », poursuit Raphaël Lagarde.

Avant de conclure : « avec cette cafétéria, nous souhaitions créer un pont entre l’hôpital et la ville ; grâce à l’ESAT l’Abeille, l’ouvrage prend indéniablement une dimension supplémentaire »… Une dimension capable de faire rimer univers sanitaire, mission solidaire et plaisir papillaire.

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