Baromètre Obsar  : l’achat responsable, priorité des directions achats

La problématique de l’achat responsable est considérée comme prioritaire par les trois quarts des professionnels interrogés lors du 13e baromètre annuel de l’Obsar, dont les résultats ont été présentés le 8 février. Néanmoins l’importance donnée au sujet ne se traduit pas toujours dans les faits, comme l’attestent le moindre pourcentage de politiques ad hoc formalisées, le manque de moyens humains mis à disposition ou la lente appropriation du coût global.

« Année après année, le mouvement s’amplifie » a déclaré Pierre Pelouzet, président de l’Observatoire des achats responsables (Obsar) en commentant les résultats du 13e baromètre, enquête menée en novembre et décembre dernier. 254 professionnels des achats, dont 41 % du secteur public, ont contribué à l’étude. Si le panel a subi une baisse importante par rapport à 2020 (-25 %), plus de participants ont pris la peine de répondre à l’ensemble des questions, assure l’Obsar.

Une priorité pour les ¾ des répondants

Plusieurs résultats peuvent donner le sourire à Pierre Pelouzet, défenseur de l’achat responsable depuis des lustres. 76 % des répondants qualifient ainsi de « prioritaire » ou de « très prioritaire » la mise en œuvre ou l’approfondissement d’une politique achat responsable. Une progression significative puisqu’ils n’étaient que la moitié lors de la 12e édition (lire notre article du 3 février 2021). Un score quasiment identique dans le privé comme dans le public. La démarche s’ancre. 17 % des organisations l’ont démarré il y a plus de 2 ans. 23 % il y a plus de 5 ans. Autant il y a plus de 10 ans.

Autre motif de satisfaction, l’image de marque n’est plus le premier « driver », a remarqué Pierre Pelouzet. Les motifs de se lancer ont évolué surtout dans le privé. L’éthique (83 %) se hisse à la première place du podium, devant la raison d’être et les attentes de clients. En revanche, les impératifs réglementaires (90 %) continuent de porter massivement le mouvement dans le secteur public.

Un lien insuffisant entre achat responsable et sécurisation des approvisionnements

Étrangement, malgré la pandémie, la sécurisation des approvisionnements (22 % dans le privé, 28 % dans le secteur public) n’apparaît pas dans ce hit-parade. « On ne fait pas suffisamment le lien entre achat responsable et sécurisation des approvisionnements. Il va falloir travailler le sujet », a promis Pierre Pelouzet. Bien que la prise de conscience soit quasi-générale, l’achat responsable relève toujours, sur le terrain, de la longue marche.

Alors que 76 % des professionnels questionnés ont identifié les enjeux, ils ne sont que 58 % à avoir rédigé une politique ad hoc. Seuls 46 % ont pris des engagements publics et chiffrés. Côté commande publique, 54 % des répondants ne sont inscrits dans aucune démarche volontaire d’évaluation ou de labellisation. Autre bémol : moins de la moitié du panel a dessiné une cartographie des risques ESG (environnement, social et gouvernance), pourtant « pierre angulaire » capable de structurer la démarche dixit l’Obsar. Ce taux atteint même 70 % dans le secteur public.

La pondération des critères RSE

A l’instar du 12e baromètre, la prise en compte des postes de coûts incarne un autre stigmate du décalage entre le discours, la volonté et la réalité. Tandis que 88 % des praticiens intègrent systématiquement les coûts d’acquisition dans leur analyse, ils ne sont que 43 % à le faire pour les coûts d’utilisation et 20 % pour les coûts de fin de vie (9 % s’agissant du seul secteur public).

L’économie circulaire demeure une terre de mission : 42 % des répondants admettent ne pas avoir du tout traité le sujet. Lors des mises en concurrence, la pondération du critère RSE dépasse rarement 15 % (16 % des réponses). Et son poids reste majoritairement inférieur à 10 % chez les acheteurs publics. L’Obsar espère que la loi Climat et les objectifs fixés par le nouveau PNAD, attendu incessamment, modifieront le paysage dans les années à venir.

La question des RH et des expertises

Le caractère prioritaire de l’achat responsable ne se traduit pas automatiquement par la mise à disposition de davantage de troupes. Presque la moitié du panel ne consacre au sujet qu’un temps partiel. Et un cinquième un seul ETP. Quand on les interroge sur les difficultés rencontrées sur le terrain, 68 % des répondants pointent d’ailleurs du doigt le manque de temps et de ressources. L’absence d’expertise figure au 3e rang des obstacles, derrière le manque d’indicateurs pour mesurer la performance.

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